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Marc Márquez, la Ducati que l’on attendait pas et les regrets du champion

Marc Márquez, la Ducati qui déçoit et les regrets du champion

Marc Márquez peine à retrouver son meilleur niveau sur la Ducati. Malgré un potentiel indéniable, le champion espagnol a dû passer par la Q1 au Mans, avouant être «beaucoup plus lent» que ce qu’il espérait. Un constat amer qui interroge sur son adaptation à la Desmosedici et sur les limites actuelles du pilote.

Marc Márquez, la Ducati que l'on attendait pas et les regrets du champion

Le retour de Marc Márquez en MotoGP sur une Ducati semblait prometteur, mais les premiers mois de compétition révèlent des difficultés inattendues. Au Grand Prix de France, sur le circuit Bugatti du Mans, le multiple champion du monde s’est retrouvé relégué en Q1, une situation inhabituelle pour un pilote de son calibre. Les sensations visées n’y sont pas, et l’idée de jouer la victoire semble, pour l’heure, hors de portée.

Le pilote espagnol face à ses limites sur la Desmosedici

Dès le début de la journée, Marc Márquez a qualifié sa séance d’essais comme «difficile». Si le travail a permis de se rapprocher progressivement des meilleurs, le «time attack» final a tourné court. Un dernier pneu et une tentative de tour rapide avortée par un drapeau jaune ont scellé son sort, le plaçant 13ème au classement combiné. Une position loin des standards attendus pour celui qui est censé dominer avec la meilleure moto du plateau.

Face à la presse internationale, le pilote a dressé un constat sans appel : «La moto fonctionne assez bien, mais on dirait que j’ai un peu plus de mal en time attack qu’en rythme de course.» Il pointe du doigt une difficulté à trouver les sensations sur l’avant, mais reconnaît que le problème est avant tout personnel : «Je sens que c’est plus lié à mon pilotage. Je dois changer des choses pour faire mieux.» Une admission rare qui souligne l’ampleur du défi.

«Je suis beaucoup plus lent» : Márquez assume son retard

Le propos le plus marquant de Márquez concerne son rythme pur. Il l’affirme sans détour : «Toute cette année, je n’ai jamais été le plus rapide parmi les Ducati en piste. […] Je suis beaucoup plus lent.» Cette déclaration tranche avec l’image du pilote surpuissant, capable de tout surmonter. Désormais, il reconnaît un déficit de performance qui ne semble pas uniquement lié à la moto, mais bien à son propre rendement. La quête de confiance et l’adaptation à la Desmosedici s’avèrent plus complexes que prévu.

Malgré ce constat, Márquez affiche un calme olympien. Pas question de chercher des excuses ou de vouloir révolutionner la moto du jour au lendemain. Sa stratégie est claire : «Je suis calme, il faut que je travaille dans mon garage et que j’essaie de progresser sans rien faire de fou sur la moto, juste piloter et trouver la confiance.» Une approche pragmatique qui témoigne de sa maturité et de sa volonté de revenir au sommet par la seule force de son pilotage.

Marc Márquez, la Ducati que l'on attendait pas et les regrets du champion image 2

Marc Márquez, en quête de sensations sur sa Ducati GP23.

Pas d’excuses, même face aux incidents de course

La séance de qualification au Mans a été marquée par la chute de Pecco Bagnaia, qui a provoqué un drapeau jaune fatal aux espoirs de Q2 de Márquez. Ce dernier aurait pu s’appuyer sur cet événement pour justifier sa contre-performance. Mais l’Espagnol balaie cette idée d’un revers de main : «On ne sait jamais. Si on a la vitesse, qu’on est rapide, peu importe s’il y a des drapeaux jaunes, on fera un tour tôt ou tard.»

Sa philosophie est simple : la performance doit être là, quelles que soient les circonstances. Le manque de vitesse intrinsèque est le véritable frein, et non les aléas de la course. Concernant sa condition physique, toujours scrutée de près, Márquez reste évasif, assurant seulement travailler pour progresser «dans tous les domaines». L’épaule droite, blessée il y a plus d’un an, semble toujours être un facteur limitant, mais il refuse d’en faire une excuse.

Un carénage spécifique, mais une direction commune

Une interrogation subsistait quant à la configuration aérodynamique utilisée par Márquez, différente de celle de certains de ses coéquipiers chez Ducati. Le pilote a clarifié la situation, expliquant qu’il s’agissait d’une décision technique prise avec Ducati. La raison invoquée est une question de gabarit : «Avec ma position et mon corps, ils pensent que c’est le bon carénage pour moi, dans la même direction que les autres.»

Ainsi, malgré une pièce spécifique, la philosophie de développement reste la même. L’objectif est d’optimiser l’ensemble pour chaque pilote, en tenant compte de leurs spécificités. Le problème ne viendrait donc pas d’une divergence technique, mais bien de l’adaptation du pilote à une machine qui, malgré sa domination, semble encore lui échapper par moments.

L’espoir d’une éclaircie, même sous la pluie

Le Grand Prix de Jerez avait vu Márquez triompher sous la pluie, après un week-end sec mitigé. Au Mans, des averses sont à nouveau possibles, notamment le dimanche. Si le pilote espère progresser sur le sec, il ne ferme pas la porte aux conditions météorologiques changeantes : «C’est sûr que si la pluie arrive, tout sera plus ouvert parce qu’on dirait qu’on a plus de mal sur le sec.»

La Q1, étape redoutée, représente un défi majeur. Mais Márquez aborde cette séance avec détermination, prêt à batailler «sous la pluie et sur le sec». Son objectif reste clair : retrouver le chemin de la victoire, quelle que soit la météo ou les difficultés rencontrées. Le chemin est encore long, mais la volonté du champion est intacte.

Ce qu’il faut retenir de la situation de Marc Márquez

  • Un décalage de performance : Marc Márquez admet être «beaucoup plus lent» que ce qu’il attendait sur la Ducati, un constat personnel avant tout.
  • Adaptation complexe : Malgré le potentiel de la Desmosedici, le pilote peine à trouver les sensations, notamment sur l’avant et en qualification.
  • Pas d’excuses : Il refuse de blâmer les incidents de course (drapeau jaune) ou sa condition physique, préférant se concentrer sur son pilotage.
  • Stratégie prudente : L’objectif est de progresser étape par étape, en travaillant sur la confiance et le pilotage, sans modifier radicalement la moto.
  • Polyvalence météo : Bien qu’il espère des progrès sur le sec, Márquez pourrait aussi compter sur la pluie pour relancer sa saison.
  • Le défi de la Q1 : Le passage par la séance qualificative la moins prestigieuse s’annonce comme un obstacle majeur à surmonter.

[Fabio Di Giannanotio]